Pierre Grandclaude


vit et travaille à Paris.
pierre.grandclaude@gmail.com



    Mon travail s’intéresse aux « récits constitutifs » et leurs dimensions poétiques. C’est la multiplicité du récit que je tente de confronter à une Histoire trop univoque. Il est nécessaire de réinjecter ces témoignages prélevés au sein d’une mémoire collective encore vivante. Il serait ainsi possible d’évoquer la confrontation entre mythe et réalité.
La notion de réappropriation du récit de soi est essentielle.
Nous devons admettre une temporalité de brassage culturel, d’expansion par rhizome des récits. Malgré la tendance historique à les communautariser et hiérarchiser, il me semble que ceux-ci ont toujours eu pour expérience de se retrouver au même niveau, se mêlant les uns aux autres.

Ma pratique actionne des montages d’images, de témoignages, de situations. Je tente de modeler les mots par mes mouvements, par les mouvements que je leur fais opérer, par leurs réutilisations, pour ne pas qu’ils puissent induire un comportement mono-focal. 

J’opère un jeu d’émancipation, pour un retour à une liberté d’expression en milieu restrictif.

    La dimension du corps est essentielle. La réalisation des travaux est à taille humaine, invoquant avec force la nécessité de l’individu. La résilience a besoin de l’individu. C’est cette idée que je tente d’approcher.




DNSEP obtenu à l’ENSA de Bourges - 2017
Licence Art à l’ENSA de Bourges - 2015
Émile Cohl, illustration, animation - 2007/2010
Bac Economique et Social - 2007


2020 Juin à Septembre - Exposition collective, Une classe ne tient pas sage toute seule, commissariat Étienne Meignant, Galerie la Transversale, Bourges.

2019 Octobre - Exposition collective, ACAB, Espace Oppidum, Paris.

2019 Juin - Exposition personnelle, Espace Oppidum, Paris.
2018/2019 - Ciné rado, sur invitation de l’artiste Grégoire Messeri créateur du dispositif du cinéma flottant Ciné rado, Tours. 2018 Mai - DAK’ART 2018, 13e Biennale de DAKAR, pavillon du Sénégal.
2017 - TARMAC, diffusion de vidéos des étudiants des Beaux-arts, Palais de Tokyo, Paris.

2017 - Festival Premiers plans, dans le cadre de la carte blanche, Angers.2017 Juillet/Septembre - Exposition des diplômés de l’ENSA Bourges, Point de bascule. Commissaire d’exposition, Sébastien Pons. 2017 Mars - Exposition collective, Les Formes du pouvoir, Palais Jacques Coeur, Bourges.
2017 Février - Workshop sur la chutte libre avec Éric Stephany.
2016 - Échange avec l’ISAC (Institut Supérieur des Arts et Cultures) de DAKAR (Sénegal).
2015 Novembre - Workshop sur le plan séquence avec Nicolas Boone.
2015 Mai - Parution dans le magazine L’Heure du Loup #4 Sommeil Paradoxal, Sleep Disorders.
2015 Mars - Exposition collective, COSMONAUTS IN ORBIT, ENSA Bourges.
2015 Janvier - Réalisation d’un documentaire sur les céréaliers de la région Centre, commande de la Chambre d’agriculture du Cher. Ministère de l’agriculture.
2014 Novembre - Workshop de dessin avec Jérôme Zonder.
2014 Janvier - Réalisations vidéos pour l’ouverture de la première école de KRUMP à Tustin, Californie.
2013 Mai - Réalisation vidéo et création de trophées pour la première édition de L’International Illest Battle 100% Krump, à Paris La Villette.
2011 - Traversée de l’Amérique du Nord, travail photographique de Montréal à Miami, puis de Miami à Los Angeles.








  Papa a 1 sœur. Maman 2 et 3 frères. Ils sont tous les 4 aînés en comptant le mien. Nous sommes donc 5 avec ma sœur, 6 avec Evrane. Et moi du coup je suis au milieu. Entre ma sœur et mon frère.
  Maman est née ici à Oran, Papa là-bas à Lagny-sur-Marne. Elle a le teint doré, la pied noir. Papa blanc, porte la peau du terroir qui rougit par l’effort et le pinard. C’est un sédentaire, fier de ses mains calleuses et terreuses. Maman a le voyage dans le sang, elle est espano-bretonne. Du coup on a habité trois villes différentes le long de la nationale 7. Mon Papa il l’a bien connu à la belle époque, encombrée par les congés payés. Ça c’est quand il ne passait pas ses vacances à la ferme de papi et mamie, à courir à travers les champs après un canard sans tête. Maman avec des plumes dans les cheveux elle, elle ligotait ses cow-boys de frères. Je me demande qui jouait Rintintin ? Elle n’a jamais eue à aller loin pour voir la mer la mienne. Et c’est le pouce en l’air qu’elle a donné terre et mer. Papa a du attendre au dernier port fluvial qu’elle rattache les amarres. C’est lors d’une manifestation qu’ils se sont rencontrés. Bizarrement ils étaient dans le même camp… Forcément, ils ont été tous les deux enseignants. Papa à l’armée, Maman dans le civil. Elle l’est toujours, pas Papa. Il a fait son service, Maman les guides. C’était normal que l’on fasse les scouts. C’est d’ailleurs pendant nos camps d’été qu’ont disparu Pipo et Bubule.
  Ma mère a perdu son père, mon père sa mère. La même année. C’est parce qu’ils ont six ans de différence… Mon Papy était boxeur poids plume pendant que Mamie s’occupait du logis. Respectivement, ma Mamy était violoniste alors que mon Papi orchestrait les trains. Certains ont tout perdu alors que les autres ont tout gardé. Ils ont été jusqu’à garder le même prénom pour mes six cousins et cousines, nés de la même mère. Comment se fait il que de l’autre côté, sur mes neuf cousins de six pères différents, il n’y en est pas un seul ayant le même qu’un autre ? 
Catholiques, Papa et Maman ont été influencé par la trinité dans leur devoir de procréer. Mais qui incarne le saint esprit ? J’ai été le seul à être enfant de cœur. Seul Olivier est allé jusqu’à la profession de foi. Anne est la seule fille. Je suis le seul à ne pas avoir fait de poney, tout comme ma sœur est la seule à ne pas avoir fait de tennis. Mon frère n’a pas fait d’instrument à vent comme Anne et moi. Elle est seule à ne pas avoir fait d’études dans l’art. De la même manière que Olivier est le seul à avoir vécu sans frère et sœur. Mon frère représente le végétal, ma sœur l’animal et moi le minéral. Est-ce pour cela que l’on fête ma sœur avant moi ?